Une permanence nationale à l’écoute des personnes âgées victimes de maltraitance et de leur entourage

Delphine Roulet Schwab, Professeure à l’Institut et Haute Ecole de la Santé La Source et Présidente d’alter ego (Association pour la prévention de la maltraitance envers les personnes âgées)

La maltraitance envers les personnes âgées constitue une réalité encore peu connue en Suisse. Elle concerne pourtant environ 20% des personnes de 65 ans et plus, soit près de 300'000 personnes. Bien que l’on entende plus fréquemment parler de situations de maltraitance en institution, la majorité des cas a lieu à domicile, de la part d’un-e proche (tout comme en ce qui concerne la maltraitance envers les enfants). Selon la définition de l’Organisation mondiale de la santé OMS (2002), la maltraitance désigne : « Un acte unique ou répété, ou un manque d’action appropriée, qui survient dans le cadre d’une relation dans laquelle il y a une attente de confiance et qui cause un dommage ou de la détresse à une personne âgée. La maltraitance peut être de différentes formes : physique, psychologique/émotionnelle, sexuelle, financière ou simplement refléter une négligence intentionnelle ou involontaire. ». La maltraitance constitue une atteinte à l’intégrité et aux droits fondamentaux des aîné-e-s.

La situation en Suisse

En Suisse, on a commencé à parler de maltraitance envers les personnes âgées à la fin des années 1990, suite à divers scandales dans des institutions. Il n’existe actuellement pas de cadre légal spécifique ou de stratégie nationale à ce sujet. En Suisse romande, alter ego (Association pour la prévention de la maltraitance envers les personnes âgées) a été créée en 2002, sous l’impulsion de représentant-e-s des milieux académiques, professionnels et de défense des intérêts des personnes âgées. Elle est active sur les plans de l’information (site web www.alter-ego.ch), de la formation (cours de sensibilisation et de référents maltraitance), ainsi que de l’écoute et de l’orientation (permanence téléphonique). Elle propose également un Portail documentaire (www.portailmaltraitancedesaines.ch) qui réunit et met à disposition de la littérature en français et en anglais sur cette thématique.

Comment demander de l'aide ?

Bien que des possibilités existent pour les personnes concernées de demander de l’aide, elles ressentent souvent de la culpabilité et de la honte. Elles n’osent pas parler de ce qu’elles vivent et ne savent pas à qui s’adresser. Afin de faciliter l’accès à une aide et un conseil spécialisés et de renforcer la collaboration entre les régions linguistiques, la plateforme nationale « Vieillesse sans violence/Alter ohne Gewalt/Vecchiaia senza Violenza » a été lancée en avril 2019. Elle vise à offrir de de l’écoute, de l’aide et de conseils professionnels aux victimes, témoins et auteur-e-s de maltraitance, dans les trois langues nationales. Elle est le fruit de la collaboration entre les principaux acteurs de la prévention de la maltraitance envers les aînés en Suisse : l’association alter ego en Suisse romande, Unabhängige Beschwerdestelle für das Alter/UBA en Suisse allemande et Pro Senectute Ticino e Moesano au Tessin.

La Plateforme « Vieillesse sans violence/Alter ohne Gewalt/Vecchiaia senza Violenza » offre une permanence téléphonique avec un numéro unique (0848 00 13 13) – donc facilement identifiable – pour toute la Suisse et un site Internet (www.alterohnegewalt.ch). Elle permet aux personnes confrontées à une situation de maltraitance à risque ou avérée de se mettre rapidement et facilement en contact avec des spécialistes de différents domaines (santé, social, juridique, etc.) qui pourront les conseiller et les orienter vers les mesures les plus adéquates en fonction du type de situation, du contexte (domicile ou institution) et du canton concerné, en toute confidentialité.

Cette mutualisation des ressources contribue à améliorer la continuité de l’accompagnement, en particulier dans les situations ayant des ramifications dans plusieurs régions. Le lancement de la plateforme a engendré une hausse importante des appels, grâce notamment à la couverture médiatique dont a bénéficié le projet.

Contact

Delphine Roulet Schwab d.rouletschwab@ecolelasource.ch


Image : Pixabay

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